Bernadette Malgorn 2020

TRANSPORTS & MOBILITÉS

SE DÉPLACER EN TOUTE LIBERTÉ ET SÉCURITÉ

BM2020

Les choix coûteux effectués par l’équipe sortante en matière de transport au cours des 15 dernières années n’ont pas entraîné de modification significative des modes de déplacement des Brestois. L’usage de l’automobile reste prédominant.

Les premiers résultats de l’enquête sur les déplacements dans le pays de Brest.
Quels besoins de déplacements?

Les besoins actuels et les tendances pour l’avenir sont évalués à partir de l’enquête ménages- déplacements de 2018 dont les premiers résultats ont été publiés en mai 2019 dans la note d’analyse n°4 de l’observatoire des mobilités du pays de Brest de l’ADEUPA.

LES PRINCIPAUX CONSTATS :
  • Baisse des déplacements dans la métropole et forte hausse dans le reste du pays de Brest.
  • L’emploi reste concentré dans la métropole, la population augmente dans le reste du pays de Brest.
  • La mobilité des habitants de Brest métropole diminue: la part des immobiles augmente, la part des hyper-mobiles diminue. Toutes les catégories d’âge sont concernées. Effet du numérique? Mais pas seulement.

La voiture est indispensable pour certains, qui n’ont pas accès à des modes alternatifs. Elle reste un moyen de liberté dont l’usage ne doit pas être réprimé mais régulé. Par ailleurs, la réponse aux besoins de déplacement domicile-travail reste très insuffisante, faute d’analyse conjointe avec les acteurs économiques et institutionnels. Les trajets pour le travail représentent le deuxième motif de déplacement : une action ciblée en direction des employeurs doit permettre de faire évoluer les modes de transports des travailleurs.

NOTRE AMBITION : ​

Remplacer le toujours plus par le toujours mieux.

NOS PRINCIPES :

Refuser l’augmentation de la fiscalité en gelant le Versement Transport.

Viser un haut niveau de service pour tous et sur tout notre territoire.

NOS PROPOSITIONS :

Nous mettrons en chantier un nouveau plan de circulation et un nouveau plan de stationnement.

Nous prendrons les dispositions pour assurer la liberté et la sécurité des déplacements et du stationnement pour tous les modes, en favorisant les modes actifs (à pied et à vélo).

Nous agirons pour assurer la fluidité de la circulation automobile.

Les bouchons et les itinéraires complexes vont à l’encontre de la qualité de l’air. Le nouveau plan de circulation aura pour objectif de faciliter l’écoulement de la circulation automobile. Nous viserons aussi à effacer les phénomènes de pointe en accompagnant en ce sens les plans de mobilités d’établissements.

Les déplacements dans le pays et la métropole sont marqués par des phénomènes de pointe: le matin autour de 8 heures,  l’après-midi à partir de 16 heures et dans une moindre mesure le midi. 
Ces phénomènes touchent tous les modes, notamment la voiture au niveau du pays mais aussi les transports en commun au niveau de la métropole.

Nous nous coordonnerons avec les entreprises et les institutionnels pour l’élaboration de plans de mobilité d’établissement permettant d’identifier finement les besoins de déplacement des Brestois.

Les plans de mobilité d’établissement favoriseront les horaires flexibles et les alternatives à l’autosolisme : covoiturage, travail à distance, etc.

Nous favoriserons le développement du covoiturage, en lien avec le département et les collectivités d’origine des salariés des entreprises brestoises.

Nous favoriserons le développement de tiers lieux dans les collectivités d’origine permettant aux salariés des entreprises brestoises de travailler à distance une partie de la semaine.

Nous donnerons, pour les infrastructures, la priorité aux travaux de sécurité.

Une bonne gestion des phénomènes de pointe permet de limiter les chantiers capacitaires sur les voies de circulation. Toutefois des travaux d’infrastructure devront assurer la sécurité et le confort de la circulation (tous modes) notamment en des points névralgiques.

Nous ferons actualiser l’état des ouvrages d’art à la lumière de l’effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn (près de Toulouse, le 18 novembre 2019) après celui du Pont Morandi à Gênes (en Italie, le 14 août 2018). Selon les résultats des travaux voire un dédoublement seront à prévoir sur les principaux ouvrages : pont de Villeneuve, pont Schumann. Nous rendrons publiques les expertises dans le respect des textes.

Nous demanderons le même niveau de sécurité pour les ouvrages de la responsabilité du département et de l’État.

Nous demanderons au nouveau gestionnaire de Bibus de densifier le réseau: rétablissement de dessertes de quartier, rapprochement des arrêts de bus, élargissement de plages horaires.

La gestion du réseau de transports en commun a été confiée à un nouveau délégataire, RATP Dev, au 1er juillet 2019. Il est rémunéré, comme prévu dans le contrat de délégation, par un forfait de charges financé par Brest métropole, qui perçoit les recettes des billets. La dépense pour Brest métropole tourne autour de 30 millions d’€. Le contrat prévoit un devoir de conseil du gestionnaire auprès de l’autorité organisatrice. Une clause spécifie les conditions dans lesquelles la métropole consulte RATP Dev sur les projets d’investissements.

Nous considérons que l’avis du gestionnaire est indispensable avant de prendre toute décision d’investissement significative. RATP dev, succédant à Kéolis, a « trouvé les armoires vides ». Il n’est pas en état de donner un avis pertinent faute de données suffisamment précises sur l’exploitation.

Nous solliciterons l’avis du gestionnaire après un an d’exploitation minimum pour nous aider à définir la nouvelle configuration du réseau.

Décarbonation:

accélérer le passage à l’électrique

Nous accélérerons la décarbonation par remplacement des bus au gasoil par des bus électriques. 

Les transports en commun ne sont pas neutres en émission de carbone. Leur processus de fabrication reste consommateur de ressources.

Il est possible d’obtenir une amélioration locale de l’impact carbone, comme de la qualité de l’air et la réduction du bruit, en passant à l’énergie électrique, ce qui est actuellement envisagé au rythme de l’amortissement.

Nous accélèrerons le rythme de passage des bus à l’électrique (y compris l’alimentation à l’hydrogène) pour atteindre la décarbonation d’ici 2026.

Nous étendrons le réseau de transport, notamment pour améliorer les liaisons avec les autres communes de la métropole.

Crédit photo : Abxbay
Consistance du réseau principal des transports en commun Bibus
Le réseau principal est composé de 16 lignes de bus et d’une ligne de tram. Elles représentent 193,749 km de lignes, 530 stations, soit une distance moyenne de 365 mètres. S’y ajoutent 6 navettes de desserte de la base navale et de zones d’activité. Bibus gère aussi les 7 lignes réseau scolaire Brest et les 12 lignes du réseau scolaire périurbain de Brest métropole. 9 lignes de transport à la demande offrent un service aux quartiers non desservis. 4 navettes desservent des marchés (St Marc, 4 Moulins, Lambézellec, Plougastel. Bibus gère aussi le téléphérique (ligne C).

Le contrat avec le nouveau délégataire prévoit une révision de ces services. Celle-ci est en préparation pour entrer en vigueur à la rentrée prochaine. Nous demanderons à Bibus de prendre en compte le plus tôt possible nos nouvelles orientations.

Nous déploierons des bus à haut niveau de service (BHNS) sur les axes majeurs, comme l’axe gare – hôpital Cavale.

Nous organiserons la logistique urbaine.

Avec le boom de l’e-commerce et des livraisons à domicile, les habitudes de consommation des citadins ont changé. La demande de transport de marchandises de proximité est devenue un enjeu majeur.

La fonction transport-logistique est méconnue. La ville du futur favorise les mobilités douces. Si les flux aux particuliers peuvent être traités par des solutions de type « points relais » ou triporteurs électriques. Les flux inter établissements exigent des logistiques plus puissantes. Les commandes peuvent être dématérialisées, la livraison est physique. Le système logistique urbain est donc contraint.

Les enjeux des marchandises en ville sont difficiles à apprécier. En effet, le « camion » a toujours été « indésirable » en ville : l’image de la ville, la sécurité peuvent être affectées ; ils posent de façon aigue la question de partage de la voirie ; ils créent des problèmes de congestion, bruit, sécurité, pollution ; pour les commerçants, artisans, le tertiaire, c’est vu comme une contrainte ; quant aux chauffeurs-livreurs, leur métier est d’un statut incertain.

Les objectifs visés sont de réduire les coûts d’exploitation du « dernier kilomètre », de faire baisser drastiquement les consommations d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre (GES), de rechercher des synergies avec d’autres activités liées par exemple aux transports de personnes.

Nous favoriserons la création d’offres de logistique urbaine de haute qualité, pour des livraisons écoresponsables.

Nous favoriserons, en lien avec les acteurs locaux du transport et de la logistique l'émergence d'ensembliers de la logistique urbaine.

Nous accompagnerons les initiatives de création d’espaces de logistique urbaine dont le niveau devra être adapté (ZLU, CDU, PAV, PAM, BLU) à l’image de Bordeaux qui s’est doté d’un hôtel de logistique urbaine.

Nous intègrerons les questions de logistique dans notre politique d’urbanisme et de commerce,

Nous favoriserons le déploiement de matériels à moindre impact écologique (véhicules propres, matériels de manutention, etc.).

Nous miserons, pour la réussite de cette nouvelle politique de mobilité, sur la conjonction du digital et de l’humain. Si on parle aujourd’hui plus volontiers des mobilités que des transports, c’est que le moyen de transport devient secondaire par rapport au service. RATP Dev s’est déclaré capable d’offrir la palette des services regroupés sous l’appellation Maas (de l’anglais Mobility as a service) grâce à un usage généralisé du digital. Nous chercherons à en exploiter au maximum les possibilités.

Mais le changement des comportements ne s’obtiendra ni par la contrainte, ni par la seule disponibilité d’une meilleure offre. Nous stimulerons la réalisation de plan de mobilités par les entreprises et les établissements, et aurons recours, en tant que de besoin, à des ambassadeurs de la mobilité métropolitaine.

Nous agirons auprès des autorités et des compagnies aériennes pour le développement des liaisons de l’aéroport Brest-Bretagne et nous en améliorerons la desserte.

Nous remettrons à l’ordre du jour la LGV permettant d’atteindre Paris en 3 heures sans attendre 2037.

BM2020